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Un café avec…Isabelle Huppert

Isabelle-Hupert

“Être acteur est un privilège”

Impressionnante, précise et plus que jamais comblée par son statut d’actrice, Isabelle Huppert nous a reçu dans le cadre d’une table-ronde. Rencontre avec une actrice hors pair, une grande dame.

De Elle de Paul Verhoeven

Avec Paul Verhoeven je me sens en totale confiance. La complicité est absolue. J’étais au lycée quand j’ai vu un de ses premiers grands films, Turkish Delight. Dès lors, on pouvait déceler chez lui cette envie de jouer sur le malentendu, l’ambiguïté et de combiner plusieurs genres, du thriller à la comédie…C’est dire tout le plaisir que j’ai à jouer dans ses films.

De son goût pour les personnages forts et le danger.

Ce n’est pas par amour de me mettre en danger que je joue. Jouer des rôles animés par une sorte de « perversion » n’est ni un compliment ni une insulte. C’est bien plus que cela : une volonté de mettre l’accent, de souligner cette dualité qui existe en chacun d’entre nous. Le bien et le mal, l’envers et l’endroit, le normal et l’anormal. Nous sommes tous faits de la chose et de son contraire. Et le rôle du cinéma est de donner corps à cela. Déranger. Sinon, à quoi bon faire des films? Je ne choisis pas que des rôles de femme forte, inatteignable. Mon envie est de raconter la force, mais aussi la fragilité qui l’accompagne. Dans Elle, j’incarne une femme certes forte…mais solitaire.

Plutôt cinéma ou théâtre ?

Je suis attachée au deux. C’est la même relation.

De la chanson

J’ai chanté dans deux films et cela a toujours été un pur bonheur pour moi. De la même manière que les acteurs aiment chanter, les chanteurs aiment jouer. Pour moi, le chant est le niveau suprême de l’expression.

Des tournages…

Le tournage laisse un souvenir très proche de ce qu’on vit. Chaque film est une expérience qui reste à l’esprit. Mais rassurez-vous, je reste exactement la même par la suite.

Entre fidélité à des réalisateurs confirmés et jeunes cinéastes avec un premier film, quel fil conducteur ?

Qu'on travaille avec un jeune réalisateur sur un premier film ou un cinéaste confirmé, une fois les doutes évacués, c’est la même relation qui s’installe : celle de la confiance. Un ciment essentiel. Croyez-moi, j’ai de bonnes antennes. Et tous les premiers films dans lesquels je joue sont des réussites.

A quand le passage derrière la caméra ?

Etre acteur est un immense privilège et il faut s’en réjouir tous les matins. J’ai eu beaucoup. Pour moi, c’est le plaisir de faire ce qu’on aime. Je suis comblée. Et si un jour je passe derrière la caméra, ce sera plus par curiosité que par nécessité. Et je suis de nature curieuse. On verra bien.

Du Festival de Marrakech…

J’y ai reçu un hommage, présidé le jury et aujourd’hui j’y rends hommage à Paul Verhoeven et présente Elle. J’y passe à chaque fois des moments formidables et j’ai beaucoup de plaisir à y revenir. A Marrakech, on a la chance de présenter des films auxquels le public n’est pas habitué. On franchit des barrières.