VIGGO MORTENSEN

VIGGO MORTENSEN

Comédien & réalisateur, États-Unis | USA

Citation

Est-ce que votre petite enfance a été déterminante dans votre désir de devenir un artiste ?

 Je suppose que oui. Le fait d’entendre des histoires. Le plaisir que je prenais à mettre en place des univers, à faire croire que j’étais différent. Je n’ai jamais arrêté ça. J’ai souvent demandé à ma mère de me raconter des histoires de la vraie vie et pas des contes de fées. […]

Votre père vous a-t-il soutenu dans votre envie de devenir comédien ?

Il n’était pas contre, mais il ne pensait pas que j’arriverais à gagner ma vie avec ce métier. C’est un homme pratique. Il a été élevé dans une ferme, au Danemark. Souvent, je passais le voir avant d’aller à une audition quand lui et moi habitions à New York et il s’étonnait toujours de ma tenue : ‘Comment ? Tu ne portes pas de cravate ?’ Pour lui, j’allais à un entretien d’embauche. Il ne comprenait pas trop le concept de personnage. […] Ma mère, elle, aurait adoré être actrice. Elle aimait le cinéma. Elle m’a toujours plus encouragé.

Avez-vous parfois ressenti de l’ambivalence par rapport à votre choix de devenir acteur ?

Oui. Et j’en ressens encore ! Je comprends aujourd’hui comment marche le business. Je comprends qu’il ne suffit pas d’être la bonne personne pour le rôle, il faut aussi avoir un certain niveau de notoriété, de ‘marketabilité’. […] Il faut aussi être préparé à cette notoriété : se donner le temps d’apprendre son art, ne pas être trop attiré par l’argent, ne pas enchaîner les premiers rôles juste pour être en haut de l’affiche...

 Pourquoi les acteurs ont-ils un super ego ?

On leur dit qu’ils sont formidables, mieux que les autres. Et ils le croient. […] Personnellement, je ne crois pas être mieux que les autres. Je pense juste que j’ai eu de la chance. J’ai su utiliser une habileté, saisir une opportunité... Il y a une phrase que le père de Freud a dite à son fils et qui me reste en tête : ‘Pense selon une éthique et agis selon une morale.’ ”

 (Extraits libres de quelques confessions psy de l’interprète de Sigmund Freud dans A Dangerous Method de David Cronenberg, L’Express, décembre 2011)

Présentation

Je te vois comme si tu étais toujours assise à mes côtés. Je continuerai de t’entendre jusqu’à ce que j’oublie pourquoi j’ai cessé de t’aimer cet hiver. Je garde le peigne que tu as laissé, le miel qui a soigné ta blessure, et la perle noire de mon doute.

 (Traduction libre en français d’un extrait du poème Te veo de Viggo Mortensen, 2005)

 

“[…] Et puis Viggo est arrivé, et tout s’est vérifié. Cet homme est fait pour nous, au sens de sujet inépuisable. Les esprits rationnels ont raison : bien sûr on ne va pas passer notre vie à tirer son portrait, bien sûr il faudra qu’un jour (prochain), cela cesse. De fait, on s’y prépare déjà. Et il nous traverse régulièrement que lui puisse en avoir ras la casquette, de cette variante d’Un jour sans fin. Et/ou qu’il puisse songer à une psychopathie journalistique – ‘Elle, encore ?!!’

 Si c’est le cas, il faut lui décerner le prix d’interprétation. Car Mortensen, dès qu’on le croise, fait signe de la main. Et ensuite la bise, puis va chercher du champagne, qu’on partage dans le même verre vu qu’il n’en reste qu’un. Ne voir là aucun traitement de faveur : la personne est connue pour son affabilité, qui le fait prolonger les interviews là où d’autres n’attendent que le gong. Jauja, qui l’amène à Cannes, lui tient particulièrement à coeur, Mortensen le coproduit.

 ‘Certains diront sans doute : ‘Qu’est-ce que c’est que ça ?’ Mais, pour moi, le cinéma de Lisandro est dans la descendance de Tarkovski, Malick, Sokourov, tout en ayant quelque chose de plus ouvert, de plus épuré, de plus limpide.’ Avec Jauja, qui se déroule en Argentine, Viggo Mortensen effectue un retour aux sources à fort écho intime. De mère américaine aux racines anglaises et écossaises, et de père 100% danois, l’acteur né […] à New York a grandi entre Buenos Aires et la campagne du nord de l’Argentine, de 3 à 11 ans. […] Après le divorce parental, le jeune Viggo est parti vivre aux États-Unis avec sa mère adorée et ses deux frères, près de la frontière québécoise, où il a appris le français qu’il maîtrise désormais parfaitement (et quasiment sans accent depuis qu’il a tourné Loin des hommes […]).

 […] Il sourit en fataliste. Celui qui fit Freud pour David Cronenberg ajoute : ‘C’est une sensation existentielle de croire qu’on est chez soi. C’est quoi, être chez soi ? Cette interrogation m’a donné la curiosité de voir le monde, de voyager moralement et physiquement toute ma vie. Enfant, on n’aspire qu’à être comme les autres. Adulte, on apprend à être fier de ses différences. Mais il reste toujours le doute :

 ‘Who Am I ? Who Am I ?’ ’

C’est notoire : Mortensen pour ses rôles n’hésite pas à s’immerger jusqu’à dissolution tel le sucre dans le café, comme pour les Promesses de l’ombre de Cronenberg où il était parti seul vadrouiller en Russie. […] Une poupée gigogne à lui seul. Une constante. L’acteur est aussi éditeur (Perceval Press), peintre, musicien, photographe, cavalier très peu à cheval sur les frontières, comme affranchi de la pseudo nécessité de trouver une direction précise.

[…] L’ex-gamin argentin se sentirait-il avant tout latin ? ‘Je suis du Nord, américain, danois, et je comprends très bien la mentalité scandinave. Mais oui, je me sens peut-être plus à l’aise dans le Sud, l’Italie, l’Espagne, et le sud de la France.’ […]”

 (Sabrina Champenois, Next, 19 mai 2014)

 

 

Filmographie sélective

1985
WITNESS (Témoin sous surveillance) - Peter Weir
1987
Salvation ! - Beth B
1988
FRESH HORSES (Comme un cheval fou) - David Anspaugh
1988
PRISON - RennyHarlin
1990
LEATHERFACE: TEXAS CHAINSAW MASSACRE III (Massacre à la tronçonneuse III) - Jeff Burr
1990
THE REFLECTING SKIN (L'Enfant miroir) - Philip Ridley
1990
TheIndian Runner - Sean Penn
1990
Tripwire - James Lemmo
1990
Young Guns II - Geoff Murphy
1993
American Yakuza (L’Arme blanche) - Frank A. Cappello
1993
GOSPEL ACCORDING TO HARRY (Ewangelia według Harry'ego) - Lech Majewski
1993
RUBY CAIRO (Le Rubis du Caire) - Graeme Clifford
1993
BOILING POINT (L'Extrême Limite) - James B. Harris
1993
CARLITO’S WAY (L'Impasse) - Brian De Palma
1993
The Young Americans - Danny Cannon
1994
Floundering - Peter Mc Carthy
1994
The Crew - Carl Colpaert
1995
Gimlet - José Luis Acosta
1995
The Prophecy - Gregory Widen
1995
CRIMSON TIDE (USS Alabama) - Tony Scott
1996
Albino Alligator - Kevin Spacey
1996
THE PASSION OF DARKLY NOON (Darkly Noon – Le Jour du châtiment) - Philip Ridley
1996
DAYLIGHT - Rob Cohen
1996
THE PORTRAIT OF A LADY (Portrait de femme) - Jane Campion
1997
G.I. JANE (À armes égales) - Ridley Scott
1997
La Pistola de mi hermano - Ray Loriga
1998
A PERFECT MURDER (Meurtre parfait) - Andrew Davis
1998
Psycho - Gus Van Sant
1999
28 DAYS (28 Jours en sursis) - Betty Thomas
2000
A WALK ON THE MOON (Le Choix d'une vie) - Tony Goldwyn
2001
THE LORD OF THE RINGS: THE FELLOWSHIP OF THE RING (Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau) - Peter Jackson
2002
THE LORD OF THE RINGS: THE TWO TOWERS (Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours) - Peter Jackson
2003
THE LORD OF THE RINGS: THE RETURN OF THE KING (Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi) - Peter Jackson
2004
Hidalgo - Joe Johnston
2005
A History of Violence - David Cronenberg
2005
ALATRISTE (Capitaine Alatriste) - Agustín Díaz Yanes
2007
EASTERN PROMISES (Les Promesses de l'ombre) - David Cronenberg
2007
Vanikoro - Xavier Gens
2008
APPALOOSA - Ed Harris
2008
GOOD (Par-delà le bien et le mal) - Vicente Amorim
2009
THE ROAD (La Route) - John Hillcoat
2011
A Dangerous Method - David Cronenberg
2012
ON THE ROAD (Sur la route) - Walter Salles
2012
EVERYBODY HAS A PLAN (Usurpateur – Todos tenemos un plan) - Ana Piterbarg **
2014
The Two Faces of January - HosseinAmini
2014
JAUJA - Lisandro Alonso **/***
2014
FAR FROM MEN (Loin des hommes) - David Oelhoffen **

Réalisateur 

2014
THE HORSECATCHER *

* également scénariste
** également producteur
*** également compositeur