Marco Bellocchio

Marco Bellocchio

Réalisateur, Italie

Présentation

En 1965, le premier film de Marco Bellocchio éclate comme un coup de tonnerre. Rompant avec les codes et la morale hérités du néoréalisme, ce jeune réalisateur s’attaque à la norme avec violence et lucidité. Dans un pays où la protestation est constamment taxée de nihilisme, la radiographie qu’il fait de la décomposition de la famille bourgeoise fait scandale. Il confirme ses qualités narratives avec La Chine est proche (1967), où il s’attaque à la réalité politique et sociale de l’Italie.

Après la famille, il étudie les rapports de classe. En 1968, il se lance dans le militantisme. Il tourne avec un groupe de “camarades” des documentaires de propagande politique. En 1971, il se tourne vers une nouvelle cible de choix : la religion catholique. Au nom du père (1971) est un pamphlet dans lequel il intègre des souvenirs personnels. Le réalisateur devient le porte-drapeau d’une avant-garde intellectuelle qui, dans l’Europe occidentale, a pris le parti de la révolution.

En 1973, toujours avide de nouvelles expériences, il accepte de tourner un documentaire sur le système psychiatrique, Fous à délier, dans lequel il expose l’aspect social du problème à travers une série de témoignages et de documents d’où il tire émotion et poésie. Après une réflexion psychanalytique sur le pouvoir (La Marche triomphale, 1976), il revient à son thème de prédilection, la famille (La Mouette, 1977). Dans ses films suivants (Le Saut dans le vide, 1979 ; Henri IV, 1984 ; La Sorcière, 1988), il décline les thèmes de la hantise du suicide, du poids de la culpabilité, du fantôme de l’inceste, de la crise de la personnalité. Mais là où ses premiers films exprimaient une violence sans compromis, Marco Bellocchio donne une dimension plus complexe à ses personnages.

Dans ses nouvelles oeuvres, son style se fait plus sinueux, plus riche de suggestions magiques. Dans les années 1990, il continue de poser son regard détaché sur les misères de ses personnages. Le Rêve du papillon (1994) explore la solitude, l’aliénation et l’épanouissement, tandis que La Nourrice (1999), présenté au Festival de Cannes, s’intéresse à la structure familiale remise en question par l’introduction en son sein d’un être plein de sensibilité et de sentiments. Depuis toujours, Marco Bellocchio est un observateur subtil et attentif des labyrinthes de la conscience et de son temps.

Filmographie sélective

1965 - FISTS IN THE POCKET (Les Poings dans les poches)
1967 - CHINA IS NEAR (La Chine est proche)
1969 - LOVE AND ANGER (La Contestation) / VIVA IL PRIMO MAGIO ROSSO - court métrage - collectif / PAOLA - court métrage - collectif
1971 - IN THE NAME OF THE FAT HER (Au nom du père)
1972 - SLAP THE MONSTER ON PAGE ONE (Viol en première page)
1974 - FIT TO BE UNTIED (Fous à délier) - coréalisé avec Silvano Agosti, Sandro Petraglia & Stefano Rulli
1976 - VICTORY MARCH (La Marche triomphale)
1977 - LA MOUETE - d’après Tchekhov
1978 - LA MACHINA CINEMA coréalisé avec Silvano Agosti, Sandro Petraglia & Stefano Rulli
1979 - LEAP INTO THE VOID (Le Saut dans le vide)
1980 - VACATION IN VAL TRIBBIA - doc / LEAP INTO THE VOID (Le Saut dans le vide)
1982 - THE EYES, THE MOUTH (Les Yeux, la Bouche)
1984 - HENRI IV - d’après Pirandello
1986 - DEVIL IN THE FLESH (Le Diable au corps)
1988 - THE WITCHES’ SABBATH (La Sorcière)
1990 - THE CONVICTION (Autour du désir)
1994  - THE BUTTERFLY ’S DREAM (Le Rêve du papillon)
1996 - THE PRINCE OF HOMBURG (Le Prince de Hombourg de Heinrich von Kleist)
1999 - THE NANY (La Nourrice)
2002 - MY MOTHER’S SMILE (Le Sourire de ma mère)
2004 - GOOD MORNING, NIGHT (Buongiorno, notte)
2006 - SORELE / THE WEDDING DIRECTOR (Le Metteur en scène de mariages)
2009 - VINCERE
2011 - SORELE MAI