BENOIT JACQUOT

BENOIT JACQUOT

Réalisateur, scénariste & metteur en scène , France

Citation

“Pour arriver à faire des films, tous les moyens me sont bons. Il n’y a rien qui m’arrête ! […] Si je ne faisais pas de cinéma, si je n’avais pas, en permanence, un film à écrire, à tourner ou à monter, je serais bon à enfermer...”

Présentation

Cinéaste. “Je suis un vrai lecteur. Et comme j’ai choisi d’être cinéaste et non pas écrivain – c’est vraiment un choix – les livres ont logiquement une importance dans mes projets.”

Critique. “Les critiques sont la résonance écrite de nos désirs : c’est très émouvant. Une vieille tradition française – qui vient de la littérature – voudrait qu’ils soient tous des écrivains ratés. Ou des cinéastes frustrés. […] Ceux qui aiment passionnément le cinéma, au point d’en faire le coeur de leur vie, me plaisent. Je suis en connivence avec eux.”

Expérience. “Même si je tournais éternellement le même, comme on enfonce éternellement le même clou, je resterais dans la même inquiétude. Mes films sont comme des protocoles d’expérience : la même expérience se poursuit, les protocoles diffèrent, et toutes les occasions sont bonnes.”

Influence. “Ce qui me touche au cinéma ou ailleurs ? On peut remonter à Racine : je suis immédiatement touché par n’importe quel alexandrin de Racine. Sa musique très concertée affronte un registre tragique qui remonte à la nuit des temps et qui me bouleverse. Je pourrais citer aussi un certain type de mélodrames hollywoodiens. Mais finalement, en y repensant, je crois que le cinéaste qui m’a le plus influencé dans le ton, si ce n’est dans le registre, c’est Mizoguchi. Il n’a jamais cessé d’être dans le mélo, mais avec une tenue, une hauteur, qui appartiennent sans doute autant au Japon qu’au cinéma.”

Mélo. “Je ne me réveille pas un beau jour en me disant ‘je vais faire un mélo’. Par contre, j’ai eu envie d’aborder le terrain sentimental, le terrain du coeur, frontalement, sans détour. J’ai voulu aller au bout des sentiments, et au bout, il y a le mélo, voire la tragédie.”

Modernité. “[Pour un film d’époque ou un film contemporain,] je ne me dis pas que je vais filmer différemment. Les distances, les types d’approche et les angles ne sont nécessairement pas les mêmes. La lumière n’est pas la même au XVIII e siècle et au XXIe, ni la manière de s’habiller – et de se déshabiller. Mais j’ai toujours fait en sorte que, même lorsque mes films se déroulaient dans une époque révolue, ils aient un maximum de modernité.”

Opéra. “Je suis plutôt un praticien de la litote : l’opéra m’a permis de sortir d’une certaine retenue, de franchir des limites que je m’imposais jusque-là dans l’expression physique et la formulation des sentiments. Il y a, dans l’art lyrique, un emportement par la musique et le chant très particuliers et très violents qui ont aujourd’hui, je m’en rends compte, une incidence sur mon cinéma. […] L’opéra m’a entrainé à frôler une force du passionnel et à affronter la retenue, ou la tenue, qui est habituellement la mienne.”

Projection. “Je suis toujours très attaché à la projection et très attaché au fait d’aller voir des films. Je ne peux pas faire autrement : le cinéma, je l’ai connu comme ça, je l’ai aimé comme ça et je l’ai pratiqué comme ça. Il y a un substrat inentamable : le cinéma, c’est la projection dans une salle pour plusieurs personnes, ou même pour personne.”

Spectateur. “Ce qui arrive rarement dans la vie arrive au cinéma, et c’est ce qui fabrique la croyance du spectateur. Ça marche d’autant mieux que selon le principe défini par Hitchcock dans ses entretiens avec Truffaut, on donne au spectateur une avance sur les personnages. Du coup, si le film fonctionne, le spectateur éprouve une anxiété qui tient surtout du thriller. Le thriller alimente le mélo et vice-versa.”

Tournage. “Le fait de tourner rapidement exige que je laisse mes acteurs très libres. Et la contrainte de la vitesse est telle qu’elle suffit à cadrer les choses, elle permet d’atteindre une sorte de réel. Je crois peu aux répétitions.”

 “Il suffit qu’il y ait un rayon lumineux sur un écran dans une salle pour qu’il y ait du cinéma.”

Filmographie sélective

 

Réalisateur

1975 THE MUSICIAN KILLER (L’Assassin musicien) *
1977 CLOSET CHILDREN (Les Enfants du placard) *
1981 THE WINGS OF THE DOVE (Les Ailes de la colombe) *
1985 LOST WITH ALL HANDS (Corps et biens) *
1987 THE BEGARS (Les Mendiants) *
1990 THE DISENCHANTED (La Désenchantée) *
1995 A SINGLE GIRL (La Fille seule) *
1997 SEVENTH HEAVEN (Le Septième Ciel) *
1998 THE SCHOL OF FLESH (L’École de la chair)
PAR COEUR – doc
1999 KEEP IT QUIET (Pas de scandale) *
THE FALSE SERVANT (La Fausse Suivante)
2000 SADE
2001 TOSCA
2002 ADOLPHE *
2004 RIGHT NOW (À tout de suite) *
2005 THE UNTOUCHABLE (L’Intouchable) */**
2008 VILLA AMALIA */**
2009 DEE P IN THE WOODS (Au fond des bois) *
2011 FAREWELL, MY QUEEN (Les Adieux à la reine) *
2014 THREE HEARTS (3 Coeurs) *

Scénariste
1979 RETOUR À LA BIEN-AIMÉE Jean-François Adam
1987 BUISSON ARDENT Laurent Perrin

 Metteur en scène
2004, 2010 & 2011
WERTHER – opéra de Jules Massenet
2014 LA TRAVIATA – opéra de Giuseppe Verdi

 

* également scénariste
** également producteur