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L’invité du jour, Abderrahim Tounsi

ABDERRAOUF

Hommage au rire.

Il est « le maître de tous les comiques » pour Gad Elmaleh. Abderrahim Tounsi, plus connu sous le nom de « Abderraouf », reçoit cette année au Festival un hommage en l’honneur d’une longue carrière, bien remplie par les rires de son public.

Et une reconnaissance de plus pour Abderrahim Tounsi qui, à chaque fois qu’il sort de chez lui est reconnu, interpellé, congratulé. C’est que le comédien né en 1936, a fait rire dans chaque foyer marocain avec son personnage burlesque, simplet et ridicule : Abderraouf. Il a si bien su l’incarner qu’il est devenu son double, et que de nombreux Marocains ne le connaissent que sous ce nom. Pourtant, tout avait mal commencé : en détention.
Emprisonné par les autorités coloniales au début des années 50, le jeune Casablancais se découvre une passion pour le théâtre. “Des résistants emprisonnés avaient constitué une troupe de théâtre, qui jouait des pièces sur le thème du nationalisme » a-t-il témoigné dans les pages de l’hebdomadaire marocain TelQuel. « Ils avaient besoin d’un jeune pour jouer le âaroubi (campagnard). Comme j’étais là, ils m’ont pratiquement forcé à monter sur scène”.
C’est une révélation. Sorti de prison, le jeune Abderrahim Tounsi continue à jouer « dans des cafés des adaptations marocaines de Molière » avec ses anciens codétenus. Et puis, un jour, il s’amuse à imiter, devant la glace, un ancien camarade d’école, véritable incarnation de la sottise. C’est ainsi qu’est né Abderraouf, en 1967 : voix nasillarde, tarbouch rouge vissé sur la tête, un don sans pareil pour tourner ses interlocuteurs en bourrique et faire rire le public. Le succès arrive rapidement, les spectacles sont pleins, les cassettes des sketches se vendent comme des petits pains et il fait rire jusqu’en Europe, via la communauté marocaine à l’étranger. S’il se fait rare entre la fin des années 90 et 2005, Abderraouf finit par réapparaître, se renouvelant par le biais du cinéma, jouant notamment dans deux longs métrages de Nassim Abassi, Mon oncle et Majid.
Ce dernier est d’ailleurs projeté ce mardi sur la place Jemaa el Fna, en présence de l’acteur.