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Interview avec Fatima Harandi dite Raouia

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“Fière d’avoir dévié vers l’art”

Malgré un extraordinaire parcours, Fatima Harandi, ou Raouia, fait partie de ces artistes qui savent rester humbles. Dans une interview confidences, elle raconte sa passion pour le cinéma, nous parle de sa carrière et de sa qualité de juré de cette 16e édition du Festival International du Film de Marrakech.

Vous ne cessez de dire que les prix et récompenses ne vous intéressent pas. Pourtant, cette année, vous avez reçu le prix du meilleur rôle féminin aux festivals de Tanger et de Carthage. Une telle reconnaissance, est-ce vraiment si insignifiant que cela ?

Ce que j’ai toujours dit, c’est que je ne travaille pas dans le seul but d’obtenir des prix. Entre «Action» et «Coupez», ce n’est pas ce que j’ai à l’esprit. Toute marque de reconnaissance est évidemment la bienvenue. Celle de Carthage avait d’ailleurs un goût particulier puisque je représentais mon pays. C’est la preuve que nous sommes un pays de cinéma, d’art et de culture. Mais encore une fois, ce n’est pas ce qui m’habite quand je suis sur plateau de tournage. Ma priorité dans ces moments-là, c’est comment incarner au mieux mon personnage.

Vous êtes cette année membre du jury du Festival International du Film de Marrakech. Qu’est ce que cela représente pour vous ?

Même dans mes rêves les plus fous, je n’osais pas m’imaginer endosser un tel rôle. Encore moins au Festival de Marrakech. C’est un honneur. Vous savez, j’ai toujours cru que je ne jouais que pour moi et ceux que j’aime. Je n’avais aucune idée de l’estime que le grand public avait pour moi. Je sens là encore que je représente non pas ma petite personne mais tout un pays. J’espère être juste dans mes appréciations, mais aussi apprendre de cette belle expérience.

La plus grande partie des rôles que vous avez joués sont des rôles tragiques. Un choix ou une fatalité ?

Ce ne sont pas mes choix. Reste que j’ai bel et bien joué un rôle comique. C’était lors de la tétralogie Cairo-Casablanca de Mohamed Ali Majboud, diffusée pendant le ramadan. Un rôle qui a d’ailleurs été bien accueilli par le public.

Vous avez affirmé avoir besoin d’une «dose» d’art pour vivre. Peut-on pour autant vivre de son art?

Ce qui importe pour moi, c’est la richesse spirituelle. Mes besoins matériels, je les remplis avec ma retraite après des années de travail en dehors du domaine artistique. L’art est mon oxygène. Grâce à dieu, j’ai dévié vers l’art et j’en suis fière. Comme je dis toujours, c’est ma «dose».