11e édition

LLE FESTIVAL DE MARRAKECH FETE LE CINEMA MAROCAIN ET REND HOMMAGE AU CINEMA MEXICAIN

La 11ème édition du Festival de Marrakech a été marquée par la forte présence des films marocains à l’ouverture et à la clôture du festival, ce qui confirme le renouveau du cinéma marocain considéré, à juste titre, comme un cinéma émergeant. Le Festival a également rendu hommage au cinéma mexicain qui connaît un essor considérable depuis sa mue dans les années 2000. Et, comme le veut la tradition à Marrakech, cette cérémonie d’hommage s’est accompagnée de la présence de nombreux acteurs et réalisateurs  de ce pays, venus recevoir l’Etoile d’Or en l’honneur de la “Génération Mexique”.

Le Jury Long Métrage de cette édition a été présidé par Emir Kusturica, réalisateur, comédien et musicien serbe, entouré notamment de Leïla Hatami, comédienne iranienne, Brillante Ma. Mendoza, réalisateur philippin, Jessica Chastain, actrice américaine, et Abdelkader Lagtâa, réalisateur marocain.

“Cinécoles” qui récompense les meilleurs courts-métrages des jeunes étudiants des écoles et instituts de cinéma marocains, se distingue pour la deuxième année consécutive, avec dix films en compétition et un jury présidé par l’actrice américaine Sigourney Weaver.

Le Festival a rendu un vibrant hommage à l’artiste marocain Mohamed Bastaoui, au réalisateur italien Marco Bellocchio, et au scénariste et metteur en scène d’opéra américain, Terry Gilliam, ainsi qu’à son compatriote Forest Whitaker. Le réalisateur, scénariste et comédien franco-marocain, Roschdy  Zem et le célèbre acteur et producteur indien, Shah Rukh Khan, ont également reçu un grand hommage sur scène.

Pour les Master Class, ont été invités le réalisateur et scénariste français, Jean-Jacques Annaud, le réalisateur italien, Marco Bellocchio, le réalisateur et scénariste turc, Nuri Bilge Ceylan, le réalisateur et producteur britannique, Roland Joffé, et le réalisateur et scénariste américain, Terry Gilliam.

11ème édition

DU 2 AU 10 DÉCEMBRE 2011

SON ALTESSE ROYALE LE PRINCE MOULAY RACHID

PRÉSIDENT DE LA FONDATION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE MARRAKECH

L’année dernière, pour le dixième anniversaire du Festival International du Film de Marrakech (FIFM), j’avais conclu mon éditorial par une claire affirmation de notre engagement de faire émerger de nouveaux talents cinématographiques dans notre pays.

Cette année, à l’aube de la deuxième décennie du FIFM, je voudrais affirmer l’assertion suivante : que le cinéma marocain assure l’Ouverture et la Clôture de notre 11e édition ne relève pas du hasard, mais plutôt de la rencontre heureuse et voulue d’un grand Festival et d’un puissant cinéma émergent !

Le FIFM est né avec la renaissance du cinéma marocain aux premiers balbutiements de ce siècle. Et de ce fait, notre Festival et la production cinématographique nationale ont partie liée. Ils sont même devenus, avec le temps, redevables entre eux : le FIFM parce que la production croissante des films marocains le légitime comme vitrine d’excellence du cinéma national ; et la production parce que seul un événement de la stature du FIFM lui donne sens en la promouvant urbi et orbi à travers les médias du monde.

Et si donc, en cette 11e édition du FIFM, la section “Coup de coeur” est consacrée à la diversité de la production marocaine à travers quatre échantillons bien distincts de l’imaginaire de nos cinéastes, c’est bien pour que soit mise en exergue la relation profonde qui existe entre le FIFM et le film marocain.

D’année en année, le FIFM assumera de plus en plus le devenir du cinéma national en ce qu’il porte en lui de plus prometteur : sa créativité et sa diversité. Ce en quoi le FIFM s’inscrit de plain-pied dans le Maroc vivant d’aujourd’hui.

Sélection officielle

Le palmarès

  • Biographie

    “Comment je suis devenu réalisateur ? Ça vient d’un sentiment qui, je dois l’avouer, est assez vil : la jalousie. Lorsque j’étais jeune, faire du cinéma me semblait a priori être un rêve tout à fait impossible et désespérément hors d’atteinte. C’était comme devenir astronaute. Je m’imaginais que seuls les dieux étaient capables d’y parvenir. […] Voilà pourquoi ce genre de cinéma [le genre fantastique] m’a toujours fasciné. Parce qu’il ne reflète pas le réel tel que nous le connaissons. Il le transforme et nous donne la possibilité de générer d’autres univers. [Pour Les Sorcières de Zugarramurdi] pour des raisons budgétaires, nous avons recouru aux effets numériques afin de lui donner vie, mais j’ai essayé de retrouver le sentiment des vieux films fantastiques que j’adore où les monstres étaient animés image par image. Aujourd’hui, vous avez des créatures en image de synthèse qui se déplacent très rapidement, avec un dynamisme souvent excessif. […] Or j’adore les monstres à l’ancienne qui (marchent lentement en faisant ressentir tout leur poids à chacun de leurs pas […]. Cette séquence était conçue comme une sorte d’hommage au cinéma fantastique de cette période. Nous avons réalisé des tests en utilisant la technique de la motion capture, mais le résultat ne me satisfaisait pas.

    C’était trop fluide, trop rapide. Je ne retrouvais pas l’effet truqué que j’aimais dans les films de monstres d’antan. Nous avons donc opté pour du travail d’animation pur. Et même si la technologie employée est numérique, la manière dont le monstre agit s’approche des grands monstres des films de ma jeunesse.”

    ('L’Écran fantastique', janvier 2014)

     

     

    “Dans un plan, quand on commence à comprendre ou à tout voir, je coupe. […] Ça donne un vrai effet d’anxiété, qui m’intéresse beaucoup. […] C’est ce qui m’amuse. Avant j’essayais de tourner de beaux plans, de m’attarder dessus. Maintenant, ça ne m’intéresse plus vraiment. Quand un plan est fait, on passe à autre chose. […] Quand on tourne une scène de poursuite, on demande généralement aux acteurs de ne pas courir trop vite, pour pouvoir les suivre pendant suffisamment longtemps. […] Sur Mort de rire, j’ai cassé une caméra. À un moment donné, les personnages doivent tomber sur des rochers. On m’avait dit : ‘Ne mets pas la caméra là, elle va se briser.’ J’ai répondu : ‘Non, non, non ! Tout ira bien ! Et si elle se casse, je la paye !’ Elle s’est cassée, et j’ai perdu la moitié de mon salaire… [Pour 800 Balles] ce qui fonctionne le mieux avec les enfants, c’est de ne pas leur raconter ce qu’ils vont faire. Si on leur parle en détail, ça crée une tension et on perd la spontanéité. On doit les mettre dans la situation au moment où ça va se faire. […] Ce qu’il faut arriver à faire au cinéma, c’est générer son propre monde. […] Il ne faut pas essayer de faire passer Paris ou Madrid pour New York. Ça ne rendra pas le film plus international, ça ne marchera pas.

    [Tourner un film en Amérique] c’est un autre exercice. J’ai été obligé de me débarrasser d’une partie de moi. […] J’ai dû me remettre en question et aborder les choses d’une autre manière. J’ai essayé d’intégrer des choses personnelles, parfois en filigrane, avec des jeux de mots, des sous-entendus. […] C’est vrai que j’ai tendance à faire des films qui finissent dans les hauteurs. […] Symboliquement, ces films en hauteur me rendent dingue. J’ai l’impression que, parce que les personnages sont en hauteur, ils ne peuvent dire que la vérité. Et ensuite, quand ils tombent, ça les purifie. Je trouve ça magnifique. […] J’ai fait ça une fois, les gens ont aimé. Deux fois, on a dit que je me copiais moi-même. Trois fois, on a dit que ça faisait partie de mon style. Et vu que je continue encore aujourd’hui, je ne sais même plus où j’en suis !”

    ('Mad Movies', décembre 2013)

     

    Filmographie

    1991 MIRINDAS ASESINAS – court métrage *
    1993 A CTION MUTANTE (Acción mutante) *
    1995 THE DAY OF THE BEAST (Le Jour de la bête – El Día de la bestia) *
    1997 DA NCE WITH THE DEVIL (Perdita Durango) *
    1999 DY ING OF LAUGHTER (Mort de rire – Muertos de risa) *
    2000 COMMON WEALTH (Mes chers voisins – La Comunidad) *
    2002 800 BULLETS (800 Balles – 800 Balas) */**
    2004 FERPECT CRIME (Le Crime farpait – Crimen ferpecto) */**
    2006 FILMS TO KEEP YOU AWAKE: THE BABY’S ROOM (La Chambre du fils – Películas para no dormir: La Habitación del niño) – TV *
    EL CÓDIGO – court métrage
    HITLER LIVES! (Hitler está vivo) – court métrage *
    2008 THE OXFORD MURDERS (Crimes à Oxford) */**
    2008-2009 PLUTÓN B.R.B. NERO – TV *
    2010 THE LAST CIRCUS (Balada triste – Balada triste de trompeta) *
    2011 A S LUCK WOULD HAVE IT (Un jour de chance – La Chispa de la vida) *
    2013 WITCHING & BITCHING (Les Sorcières de Zugarramurdi – Las Brujas de Zugarramurdi) *
    2014 MESSI – doc
    WORDS WITH GODS – segment THE CONFESSION

    * également scénariste
    ** également producteur

     

     

    La Masterclass d’Álex de La Iglesia est animée par Jean-Pierre Lavoignat, journaliste, écrivain de cinéma et cinéphile passionné.

    Synopsis

    Une île venteuse et désolée. Stella et Oskar, un jeune couple, rendent visite au père de Stella, Nathan, qui mène une vie solitaire en compagnie de son labrador. Stella est enceinte et heureuse d’attendre un enfant. Oskar, de son côté, se pose des questions. Lorsque Oskar devient l’objet des provocations de Nathan, et qu’il se sent déstabilisé par la relation entre ce père et sa fille, un affrontement entre les deux hommes est inévitable.

Hommage à une cinématographie

GÉNÉRATION MEXIQUE

La 11ème édition du Festival International du Film de Marrakech a rendu un vibrant hommage au cinéma Mexicain. Une importante délégation Mexicaine est venue à Marrakech pour recevoir l’étoile d’or du Festival.

La délégation a été composée de :

PABLO ALDRETE – CARLOS CARERA – MARIANA CHENILO – ALFONSO
CUARÓN – GUILERMO DEL TORO – FERNANDO EIMBCKE – AMAT
ESCALANTE – GAEL GARCÍA BERNAL – ALEJANDRO GERBER BICECI –
ALEJANDRO GONZÁLEZ IÑÁRRITU – PEDRO GONZÁLEZ-RUBIO –
EVERARDO GOUT – JORGE MICHEL GRAU – DIEGO LUNA – GERARDO
NARANJO – RIGOBERTO PEREZCANO – RODRIGO PLÁ – CARLOS
REYGADAS – PAT RICIA RIGEN – ARTURO RIPSTEIN – ENRIQUE RIVERO

LES FILMS D’HOMMAGE AU CINÉMA MÉXICAIN

AMOURS CHIENNES (Amores Perros) de Alejandro González Iñárritu – Mexique – 2000 – 153 mn
THE CRIME OF FATHER AMARO (Le Crime du Père Amaro – El Crimen del Padre Amaro) de Carlos Carrera –  Mexique, Espagne, Argentine & France – 2001 – 118 mn
THE VIRGIN OF LUST (La Vierge de la luxure – La Virgen de la lujuria) de Arturo Ripstein – 2002 –  Mexique, Espagne & Portugal – 2002 – 140 mn
JAPAN (Japón) de Carlos Reygadas –  Mexique, Allemagne, Pays-Bas & Espagne – 2003 – 122 mn
DUCK SEASON (Temporada de patos) de Fernando Eimbcke – Mexique – 2004 – 90 mn
DRAMA / MEX de Gerardo Naranjo –  Mexique – 2006 – 104 mn
Pan’s LABYRINTH (Le Labyrinthe de Pan – El Laberinto del fauno) de Guillermo Del Toro –  Mexique & Espagne –  120 mn
PARQUE VIA de Enrique Rivero –  Mexique – 2007 – 86 mn
LA ZONA (La Zona, propriété privée) de Rodrigo Plá – Mexique, Argentine & Espagne – 2007 – 97 mn
THE BASTARDS (Los Bastardos) de Amat Escalante – Mexique, France & Etats-Unis –  2008 – 90 mn
ALAMAR de Pedro González-Rubio – Mexique –  2009 – 70 mn
NORTHLESS (Norteado) de Rigoberto Perezcano –  Mexique & Espagne – 2009 – 94 mn
ABEL de Diego Luna – Mexique – 2010 – 83 mn
BECLOUDED (Vaho) de Alejandro Gerber Bicecci – Mexique – 2015 – 115 mn
BIUTIFUL de Alejandro González Iñárritu –  Mexique & Espagne –  2010 – 147 mn
REVOLUCIÓN de Fernando Eimbcke – Patricia Riggen –  Carlos Reygadas –  Amat Escalante – Gael García Bernal –  Mariana Chenillo –  Rodrigo Plá –  Gerardo Naranjo – Diego Luna –  Rodrigo Garcíab Mexique – 2010 – 100 mn
Il y a cent ans, la chute du régime dictatorial du président Porfirio Díaz
marquait le début de la révolution mexicaine. Dix réalisateurs évoquent cette
période de troubles violents qui bouleversèrent le pays de fond en comble.
The Mexican revolution began one hundred years ago with the overthrow of
the country’s dictatorial President Porfirio Díaz. Ten directors look back at the
violent upheaval that was to bring dramatic changes to the country.
WE ARE WHAT WE ARE (Ne nous jugez pas – Somos lo que hay) de Jorge Michel Grau –  Mexique – 2010 – 90 mn
DAYS OF GRACE (Días de gracia) de Everardo Gout –  Mexique & France – 2011 – 128 mn
MIS BALA de Gerardo Naranjo – Mexique – 2011 – 113 mn