"Toucher avec ses yeux, regarder avec ses mains" quand la photo devient audio-tactile



Montée juste à cô té du Palais des congrès de, véritable temple du cinéma durant les neuf jours du FIFM, l'exposition "Toucher avec ses yeux, regarder avec ses mains" plonge dans un univers atypique où l'on redécouvre la photo telle que perçue par les mal et non voyants.


"Toucher avec ses yeux, regarder avec ses mains" quand la photo devient audio-tactile
Faite par et pour les déficients visuels Marocains et Français, cette exposition, l'un des moments forts de cette 9è édition, leur a été spécialement adaptée de manière à leur donner le plus d'autonomie possible.

Pour chacune des images accrochées aux murs sombres de la galerie, il y'a un casque d'audio-description, une interview avec le photographe (disponible en braille et en sonore), en plus d'une reproduction en relief de la photo exposée.

Les organisateurs ont aussi pensé à mettre des pelouses synthétiques indiquant aux visiteurs non voyants le chemin à suivre, en plus d'arrêts podo-tactiles (petits tapis bossus) pour leur signaler l'endroit où sont accrochées les photos.

Parmi ces photographes, il y'en a ceux qui sont nés non voyants et d'autres qui ont perdu la vue par la suite ce qui fait que chacun a choisi un thème qu'il sent proche de lui, allant du fidèle chien guide à la nature en passant par le chant, la musique ou encore la foule.

Un travail splendide, de l'avis de tous ceux qui avaient pris part au vernissage, d'autant plus que photos ont été superbement cadrées par ses artistes dont certains ont eu l'idée d'accrocher leurs appareils au coup pour réussir le cadrage.

A l'aide du toucher, de l'ouïe ou tout simplement en se fiant à leur sixième sens, ils ont tous choisi le bon moment pour presser le bouton et traduire leurs émotions en couleurs.

Pour Jêrome Bouquillon, photographe et auteur du concept, "l'idée est née d'une simple curiosité, celle d'essayer de voir comment ces gens perçoivent le monde".

Une curiosité qui s'est soldée par cette exposition émouvante qui non seulement révèle le talent de ces photographes mais, aussi et surtout, sert à rapprocher le visiteur des grandes difficultés que peuvent vivre les déficients visuels.

Passionné de photographie, Jérô me Bouquillon entame en 2007 une série de photographies sur des espaces vides et esseulés afin de montrer l'impact du temps sur la matière et les couleurs.

Ali Hassan Eddehbi