 |
|
|
Né le 14 janvier 1909 à La Crosse dans le Wisconsin (Etats-Unis), Joseph Losey s’étaient le 22 juin 1984 à Londres en Angleterre. Il commence tout d’abord par étudier la philosophie avant de se rendre en Allemagne où il va rencontrer Bertold Brecht et assouvir ainsi sa passion théâtrale. Il retourne ensuite aux Etats-Unis pour démarrer une carrière à Hollywood.
Joseph Losey commence par réaliser dès 1938 des documentaires pédagogiques pour la Fondation Rockefeller. Il signe en 1948 son premier long métrage, « Le garçon aux cheveux verts », puis enchaine les tournages, dont une nouvelle version de « M le Maudit » de Fritz Lang (1951). Bien que sa vision radicale de l’homme n’apparaisse pas encore dans les films de ses débuts, les thèmes récurrents du cinéaste sont déjà très présents - la chasse à l’homme et l’hystérie collective qui font écho à la paranoïa politique qui s’empare alors du monde à cette époque -. En 1951, en plein maccarthysme, il est interrogé sur ses liens supposés avec le Parti communiste et mis sur la liste noire par les patrons des studios hollywoodiens. Sa carrière semblant menacée, il s’installe à Londres où il va continuer à travailler comme réalisateur.
Dans les années soixante, Joseph Losey entame une collaboration fructueuse avec le scénariste et dramaturge Harold Pinter. Naîtront de cette association trois longs métrages : « The Servant » (1963), «Accident » (1967) et « Le messager » (1970), qui remporte notamment la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1971. Chacun de ces films examine les différents aspects de la société anglaise, que ce soit les relations entre maître et domestique dans « The Servant », l’histoire d’amour impossible entre une aristocrate et un fermier dans « Le messager » ou les faux-semblants au sein de la classe moyenne dans « Accident ». L’habileté de Harold Pinter à montrer la superficialité de ses personnages, à travers la futilité de leurs bavardages mondains, associée aux images de Joseph Losey, qui amplifient l’ensemble en introduisant des éléments ambigus, expliquent une partie du succès des films de cette époque.
En 1975, Joseph Losey réalise avec Bertolt Brecht «Galileo », un film qui lui tenait à cœur depuis longtemps. L’année suivante, il quitte l’Angleterre pour la France et y tourne trois films en français, dont « Monsieur Klein » avec Alain Delon (1976). En 1979, Joseph Losey met en scène une adaptation cinématographique de l’opéra de Mozart « Don Giovanni ». Le film obtient quatre nominations aux César, dont celles du Meilleur Réalisateur et du Meilleur Film. « Steaming », tourné en Angleterre en 1984, sera son dernier long métrage. Joseph Losey souffrit de son exil forcé mais sut néanmoins tirer profit de cette situation qui devint pour lui une source d’inspiration et de frustration.
|
|